L'âge d'or dans les Bandes Dessinées ?

Publié le par Gwendoline

Aujourd'hui, Court Ô Bouillon vous invite à rejoindre une discussion née sur le fort intéressant hub de Jacqueline Levoux sur Viadeo : Net Art dans les années 30.


Notre disserte administratrice du hub, responsable de l'association bordelaise Panoramixe, nous avait récemment régalé d'un petit point sur la production bédéesque entre 1935 et 1941. Oui, c'était précis ! Et fort intéressant, car sans doute assez mal connu en dehors des experts ! En épilogue, elle nous invitait à discuter la notion d'un âge d'or de la BD - que l'on accorde au concept même un sens concret, ou que l'on souhaite argumenter en faveur d'une autre période.

Voici donc quelles furent, dans le jet de la première inspiration, les développements que je proposais aux lectures du forum Net art 30's afin d'élargir notre culture bédéphile.

Et pour vous ?
Existe-t-il un âge d'or de la BD ?




Bonjour,
Merci beaucoup Jacqueline pour cet article !

Je suis très amatrice de BD - classiquement "soignée" de mes maladies infantiles à coups d'albums de Gaston, d'Astérix ou de Tintin. C'est bien plus tard au cours de mes études que j'ai exploré le monde de la BD, avec des auteurs des années 70 et des plus contemporains (Barbarella, Sokal, Floc'h & Rivière, ...).

Connaissant très mal
la BD d'entre deux guerres, difficile de se prononcer. Plutôt qu'âge d'or, je crois que cette période est chère aux vrais bédéphiles parce que c'est à ce moment là que, d'une part, les planches sont vraiment sorties de leur gangue d'objet "journalistique" et se sont mises à constituer un objet culturel à part entière ; d'autre part parce que ce fut une vague d'éclosion de personnages cultes qui ont connu un destin à la fois transculturel et multi-médias par la suite.

Ce 8e art n'a pas cessé d'évoluer cependant depuis la fin du 19e siècle. Et il me semble que si certains créateurs contemporains se dressent bien "sur les épaules de leurs géants" Siegel et autres Guy l'Eclair, et donnent un destin feuilletonesque à de nouveaux super (anti) héros (Lanfeust de Troy, 13, John Difool, voire Vortex, à la fois très marqué dans ses personnages, son sénario et son dessin par les comics et tout autant novateur dans sa parti pris narratif, etc.), beaucoup ont pris un chemin très différent. Je pense à des "ovni" bédéesques tels le remarquable témoignage d'"histoire sensible" MAUS de Spiegelman en 1987, la série kafkaïenne de Marc-Antoine Mathieu ("Julius Crentin Acquefacques" depuis 1990), la poétique série du Mur de Pan par Philippe Mouchel (Delcourt, 1995) les mangas fantastico-psychogénéalogiques de Jirô Taniguchi (Quartier Lointain, 1999) ou plus récemment le roman sitcom d'Alex Robinson en 2004.

A nulle époque, de fait, la BD n'a manqué de créateurs originaux qui eurent à coeur de penser leur art en même temps que le monde. Cependant, il me semble que ledit "âge d'or" d'avant-guerre auquel nous nous référons d'habitude n'est pas celui-là : en l'espèce, notre mémoire est surtout marquée par des opus qui ont imposé un certain standard et surtout, connu une incroyable massification de leur lectorat.

Ce que je veux dire, c'est que quand je pense à l'âge d'or d'Hollywood, pour faire un parallèle, je songe à des oeuvres cinématographiques qui me font l'effet d'être encore très proches, sur la forme et le fond, de la manière de raconter qu'adoptent encore les films de nos jours. Tandis que si j'essaie de concevoir à la même époque, la littérature BD en tant qu'âge d'or, j'ai presque la sensation de m'intéresser à un art différent de celui auquel des auteurs actuels me donnent accès, comme Bourgeon, Tardi, Thierry Robin, ou encore Garulfo, d'Ayroles et Maïorana.

Est-ce mon manque d'acculturation à ce média ? Une façon différente que les BD peuvent avoir de me toucher qui biaise mon regard ? Ou bien serait-ce propre à l'essence de la BD en tant que secteur industriel et impécunieux métier artistique qui, aussi souvent pronostiqué moribond ou au bord de l'explosion démocratique, se cherche inlassablement, sous la plume et le pinceau de créateurs complexes, riches d'une "tension" entre le verbe et l'univers pictural, "privés" en quelque sorte d'une dimension tierce, plus encore du son, et par là toujours enclins à investir les marges et inventer leurs palliatifs ?

Je ne suis pas bien sûre de m'exprimer clairement, j'espère au moins avoir éveillé votre curiosité quant à quelques ouvrages récents.

Bonne journée,
Gwendoline

Publié dans Déambulations

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Levoux 18/06/2008 20:25

Bonsoir, Gwendoline.Afin de poursuivre notre merveilleux périple du neuvième art, je vous propose de sufer sur le site :http://www.cyberacadie.com/bdMerci bien chaleureusement à vous de m'avoir invitée aussi gentiment sur votre éclectique et très esthétique site que je vais découvrir et recommander, au fil des jours.Bien artistiquement, Jacqueline.