Critiquer les vrais mauvais films

Publié le par Gwendoline

Ma génération a vu, d'un oeil torve et cynique le plus souvent, l'ère des remakes.

 

Cette incurie des créateurs (bientôt déchus "créatifs") hollywoodiens, nous en avons amplement ricané, ou pâli, ou englouti, ou le tout. Masque et plume aux esgourdes ou pas, nous grandissions apprentis-parisiens ou presque !

 

Par contre, question fil de pensée, il faut nous excuser, nous faisions dans l'à peu près. Malgré les gueulantes du prof de physique, pas envie de sortir de 'Marternelle Supérieur'. Pas besoin. Pas l'énergie. 

Bref: que le palimpseste, le feuilleton, la reproduction, la simple copie fut une expression littéraire, culturelle, artistique depuis la nuit des temps, cela nous l'ignorions.
Nous nous sommes sans complexe laissé bercer du succès d'un américanisme, et l'avons pris, comme tant de reste, pour argent comptant. S'il fallait employer un mot nouveau tel que "remake" (comme plus tard de XXX II, ou de "séries" au sens télévisuel), c'est qu'il devait s'agir d'un phénomène de civilisation, que notre génération se coltinait en propre, n'est-ce pas?

Impossible que ce fut un fait humain historique, incontournable.
Comme génération enfant, nous ne fîmes nulle exception à la règle et sur ce point au moins, sur cette donnée cognitive pourtant aisément disponible, nous avons été dupes, aidés en cela par nos parents et nos jeunes frères, tout autant égarés par le terme.

Mais je n'ai pas le temps de m'étendre sur une démonstration du fait cinématographique, ou plus largement artistique. Ni de m'expliquer sur le maléfice que j'estime avoir été longtemps porté à notre capacité, de par cet aveuglement cérébral, à nos aspirations sensibles. Et que le Bernard Lahire d'aujourd'hui et son collègue statisticien entreprennent de mesurer la portée de mon expérience de cette génération, si le sujet leur en dit.

 

J'ai bien plus urgemment à parler des vrais mauvais films. Pas les remakes, pas les séries, les sales histoires sans fin.

 

Cette même génération a commencé de s'éveiller un peu au-delà des limites de son clocher, me semble-t'il, dès la fin des années 70, ou au début des années 80, sur le voisin immédiat de la Somalie, au sud-ouest.


- Mais finis donc ton assiette ! Qu'est-ce que tu crois qu'ils diraient, les petits Ethiopiens ?

 

Au pire, l'injonction a pris une tournure plus ludique en 1985, avec l'opus de Lionel Richie et Michael Jackson, quand j'organisai ma première boum.

 

Au mieux, la plupart d'entre nous nous sommes un poil élargi la focale au fil de la décennie dite 'fric' en comprenant que ces fameuses assiettes vides à l'autre bout du monde tenait aussi beaucoup à des conflits civils majeurs qui meutrissaient toute la région de la corne d'Afrique ainsi que le Soudan.
Une poignée d'excités a même poussé le vice jusqu'à s'instruire du rôle de la guerre froide, et les pires d'entre elle se mirent en ire contre le réglement du "Second conflit mondial", contre la Grande Guerre, contre l'Empire ottoman, contre les puissances européennes, voire contre les conditions archéologiques entre Tigre et Euphrate ainsi qu'en bord de mer Rouge ou de golfe d'Aden.

 

En tout cas, sensibilisé par la résurgence de la guerre en Europe au début des années 90, nul n'a plus pu ignorer -je parle toujours de mes co-générationnaires" (?) - ni la pregnance des génocides, ni leur lien inextricable avec la déprédation agro-rurale et alimentaire, ni le rôle à tout le moins maladroit pour ne pas dire ambigu, que pouvait jouer nos instances gouvernantes locales.

 

En revanche, quand je vois ceci.

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Je me souviens que j'ai vraiment été inefficace. Et toi, copain ?

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